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Le livre Australian Touch se dévoile !

27/06/2017

Le livre Australian Touch est sur le point d'être publié par les Editions Chum. A cette occasion, l'image de couverture et les premières pages viennent d'être dévoilées ! Voici de quoi patienter en attendant la sortie officielle de ce roman de voyage sur l'Australie, aussi décapant que captivant, annoncé comme un futur classique du genre.

 

Illustration du livre Australian Touch

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Première pages du livre Australian Touch

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La différence fondamentale entre un Français et un Australien peut tenir en deux mots : no worries à traduire « pas de soucis ».

 

En France, cette formule peut paraître anodine, mais en Australie elle connote un état d’esprit et se répercute dans toutes les situations, même les plus banales. Prenons un exemple simple : si un Français voit son vol annulé pour cause d’intempéries, il va aussitôt râler auprès des équipes de la compagnie aérienne, porter plainte contre le directeur de l’aéroport et manifester son mécontentement devant le ministère des transports. Que fait un Australien dans la même situation ? Il attend patiemment le prochain avion en se disant qu’il est préférable de louper celui-ci plutôt que de s’écraser. En voyageant en Australie, je ne pensais pas entendre no worries à longueur de journée, mais, avec le recul, cette expression régit presque la vie en société et elle crée un véritable gouffre entre le quotidien des Australiens et celui des Français. La métaphore du verre à moitié plein ou à moitié vide, vous connaissez ? Elle décrit qu’il y aura toujours des pessimistes, des gens regrettant que le verre se tarisse, et les autres, ceux qui préfèrent voir le bon côté des choses et se considèrent chanceux d’avoir une moitié bien remplie.

Si en France nous voyons systématiquement le verre vide, ou pas assez plein - la faute à notre alcoolisme latent ? - au pays des kangourous, le positivisme prime.

 

Comme des milliers de nos compatriotes le font chaque année depuis le début des années 2000, je me suis expatrié en Australie avec un Visa Vacances Travail. Grâce à ce sésame, je vois le verre se remplir perpétuellement, mais la perspective qu’il se vide dès mon retour dans l’Hexagone m’angoisse au plus haut point.

 

Une légère brise fait craquer les poutres de bois et entraîne une vapeur de citron qui ravit mes narines. Je sors de mes pensées. L’air est tiède. Les oiseaux s’éveillent et leurs chants croissent. Je peine à ouvrir les yeux et les frotte comme un gosse au sortir d’une sieste. À côté de moi, Alix dort paisiblement, recroquevillée en fœtus. Ronfle-t-elle ? Je remarque au passage qu’elle a pris en otage l’intégralité de la couette que nous sommes censés partager. C’est toujours pareil avec les filles… J’étire mes membres en essayant de ne pas la réveiller. Je n’ai pas encore la force de me lever et m’allonge sur le dos.

Mon regard s’attarde sur un objet flottant non identifié qui danse nonchalamment au-dessus de ma tête en suivant la courbure d’un cercle. L’effet est hypnotique. Je cligne les paupières pour me persuader de ne pas rêver. Cette provocation matinale finit par attiser ma curiosité. Je sors du lit et me poste sous la chose, les mains sur les hanches.

La réalité prend le pas sur la rêverie.

Ce qui me paraissait être un ange bienveillant venu me saluer au matin de mes vingt-sept ans n’est en fait qu’une peau de mue abandonnée par un tree-snake (serpent des arbres). Fine et transparente, elle mesure un bon mètre de haut et s’agite depuis une poutre du plafond. À mon avis, l’animal n’est pas tombé loin de nos têtes… Si Alix ne s’en est pas aperçue, no worries comme on dit.

J’attrape une vieille casserole dans le placard de la cuisine et l’emplis d’eau que je fais chauffer sur une gazinière des années soixante-dix pour infuser mon thé à la mangue. Je dépose mon breuvage sur un plateau où figurent déjà des tartines beurrées, un pot de miel et des tranches d’avocat, et sors sur la terrasse où sont suspendus d’innombrables bibelots portes-bonheur et chasseurs de démons. Mes yeux sont éblouis par la clarté du ciel et ils aiment ça.

Je pose mon petit déjeuner sur la table. Une besace suspendue à la rambarde se met soudain à remuer. Je sors de ma léthargie et m’en approche. Il s’agite une nouvelle fois jusqu’à ce que le museau frêle d’un bébé wallaby en dépasse. Deux autres sacs se mettent à branler. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, les petits aux poils brun clair s’extirpent de leur abri. Je les caresse. En échange, ils me chiquent. Je souris niaisement. Réagirais-je ainsi si un humain essayait de me mordre le doigt ?

Je m’accoude à la balustrade et observe avec délectation la canopée sous la lueur de l’aube, comme si c’était mon dernier jour ici. Je fais le vide. Un doux parfum d’herbe et de terre mouillée me parvient. J’oublie mon thé qui refroidit.

 

Le soleil n’est pas encore apparu derrière les montagnes de jungle entourant la propriété de Kerry, ma délicieuse hôte capable de prononcer no worries vingt-six fois dans une même journée. Car aussi étrange que ça puisse paraître pour un citadin occidental aussi carriériste que moi, je vis depuis plusieurs semaines comme un hippie, au beau milieu de la forêt tropicale du nord-est de l’Australie, chez une rayonnante sexagénaire d’origine néo-zélandaise, productrice de marijuana et de végétaux exotiques qu’elle vend sur le marché. Elle accueille chez elle six wallabies et nourrit un énorme casoar, ce lointain cousin des autruches à crête de punk bleue. Dans sa cabane en bois dressée sur pilotis, les terrifiantes araignées dorées sont reines et les cris de singe de l’oiseau Kookaburra détonnent. À force de travailler dans les hectares de plantations, ma peau est brûlée par le soleil, ma barbe de trente jours pousse de manière anarchique et ma tignasse est si longue et épaisse que je pourrais m’essayer aux dreadlocks. Et que dire de mes fringues abîmées et délavées ? No worries, mon apparence importe peu au milieu de nulle part.

 

J’allume un pétard concocté par ma patronne au réveil ; une tradition qui lui est chère et qui coûte tout aussi cher à mes neurones. Un large sourire se dessine sur mon visage lorsque je songe à ma situation. Car à l’aube de mes vingt-sept ans et aux deux tiers de mon séjour aux antipodes, c’est l’heure du bilan. Et je dois bien l’avouer, rien ne me prédestinait à un tel périple… 

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Article de A.L.

 

 

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