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L’Australie, terre promise des réfugiés ou enfer à migrants ?

20/11/2016

Dans son histoire, l’Australie s’est constituée sous des vagues d’immigrations successives. Les premiers migrants fondèrent ce qu’on appelle communément le peuple aborigène, il y plus de 35000 ans. Puis, tour à tour depuis le 18e siècle, les européens et les asiatiques, qu’ils soient bagnards, bourgeois ou simples gens, ont forgé la culture occidentale du pays. Encore de nos jours, nombreuses sont les personnes qui viennent trouver en Australie une vie meilleure. Les Français sont des milliers dans ce cas chaque année ; de manière légale ou illégale. 


Mais qu’en est-il des réfugiés qui tentent de venir en Australie pour fuir l’horreur qu’ils vivent dans leur pays d’origine ? Ces migrants que l’on accepte à reculons en Europe et qu’on rejette en Grande Bretagne, comment l’Australie les accueillent-elle ?

La réponse fait froid dans le dos. 

 

L’Australie accueille certains migrants mais n’en veut pas
Les migrants qui tentent de rejoindre l’Australie, viennent pour la plupart du Sri Lanka, d’Iran, d’Irak, d’Afghanistan ou du Vietnam. Tous ont un point commun : ils veulent fuir la violence et/ou la pauvreté de leur pays dans l’espoir d’une vie meilleure.
Chaque année, ils sont des dizaines de milliers de réfugiés à tenter leur chance. L’Australie en accepte bien 13 500 par an dans le cadre du programme de réinstallation du Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU - ce chiffre passera même à 18 750 par an en 2018 – mais de nombreux autres restent sur le carreau. On peut comprendre que l’Australie ne peut pas accueillir de manière décente tous les demandeurs d’asile de la planète, mais c’est le traitement qui leur ait infligé qui fait polémique.


En effet, le gouvernement Australien a lancé en 2013 une opération baptisée « Frontières souveraines » pour décourager les migrants d’arriver par la mer sur son territoire. Depuis, la marine Australienne intercepte systématiquement les bateaux transportant des réfugiés et les renvoie hors de ses eaux territoriales. L’Australie peut ainsi se targuer qu’aucun clandestin n’a réussi à atteindre les côtes australiennes depuis 800 jours. D’ailleurs elle a signé des accords avec Nauru et la Papouasie-Nouvelle-Guinée pour que, au mieux, les demandeurs d’asile reçoivent un statut de réfugié dans ces pays. 
Même si la pratique est douteuse, et même limite éthiquement, il n’y a jusque-là rien d’inhumain dans la démarche de l’Australie mais une volonté ferme - trop ferme pour certain - de n’accepter aucune entrée illégale dans le pays. La vidéo ci-dessous ne laisse planer aucun doute quant à cette volonté de fer… 

 

 

Et parque les autres demandeurs d’asile dans des camps de la mort
C’est lorsque les migrants parviennent à entrer en Australie que l’action du gouvernement Australien est pointée du doigt. Et pour cause : les réfugiés sont automatiquement placés pour une durée indéterminée dans des camps de rétention offshore. L’Australie affirme que cette politique permet d’éviter des noyades, de sauver des vies et de lutter contre les passeurs mais les conditions de vie sur place sont régulièrement dénoncées, aussi bien par les Nations Unies que par des ONG. Leurs rapports dénoncent les violences physiques et psychologiques qui se produisent dans ces camps - des émeutes ont éclatées en fin d’année 2015 - et relève les graves problèmes mentaux touchant les demandeurs d’asile, désespérés et prêt à mettre fin à leur jours. La multiplication des tentatives de suicide dans ces centres le prouve.
« Peu de pays vont aussi loin pour infliger délibérément de la souffrance à des gens en quête de sécurité et de paix » confiait récemment une représentante d’Amnesty international, tandis que l’opposition Australienne parlait d’une « punition perverse réservée à des gens qui ont cherché à venir chez nous pour être en sécurité ».


Malgré ces atrocités évidentes, la population Australienne est divisée sur la question. Par manque d’informations sans doute, du fait de la crise et de la peur de l’inconnu aussi. De violents heurts ont éclaté en mai 2016 à Melbourne entre des manifestants dénonçant le racisme et d’autres contre l’immigration. « Nazis, ordures, hors de nos rues ! » scandais les premiers, « Non aux réfugiés » leur répondaient leurs opposants.

 

L’avenir des migrants en Australie reste sombre 
Devant la fronde des organisations internationales et la fracture de sa population, l’Australie a accepté de fermer le camp de rétention le plus controversé, celui de l’île de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où des centaines de demandeurs d’asile étaient en train d’y mourir à petit feu.
Malgré tout, l’Australie poursuit sa traque des migrants et, durant l’actuelle campagne électorale, l’immigration illégale s’est imposée comme le thème principal de la campagne, devant l’économie et l’éducation. Un projet de loi viserait même actuellement l’interdiction d’accès au territoire aux demandeurs d’asile de plus de 18 ans qui ont tenté de rejoindre l’Australie par bateau clandestinement.
La chasse aux sorcières continue donc bel et bien en Australie, et certains diront que c’est en partie légitime, mais une chose est certaine : il faudra au plus vite mettre fin à cette pratique barbare qui consiste à parquer les migrants dans des camps retranchés de la mort.
A suivre…

 

Article de L.F.
 

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